Le protecteur de l’élève

« Offrir les mêmes chances de réussite pour tous ».

Voilà un leitmotiv très populaire dans le monde de l’éducation.



Pourtant, il n’est pas rare que des parents d’enfants ayant un trouble d’apprentissage vivent une expérience comme celle qui suit:

  • une évaluation a été faite en bonne et due forme par un spécialiste qui confirme la présence d’un trouble d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie ou autre) chez leur enfant
  • afin de lui permettre de poursuivre avec succès sa scolarité, l’enfant devrait bénéficier de mesures d’appui à l’école; des recommandations en ce sens ont été précisées dans le rapport
  • vous avez transmis le rapport d’évaluation à l’école, discuter avec son enseignant(e) et la direction du diagnostic ainsi que des recommandations qui y sont émises
  • on vous assure que les structures et les modalités pour la mise en place de ces différentes recommandations seront prises en charge dans un délai raisonnable par l’école

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Comme parents vous avez fait les démarches qui s’imposaient. Vous êtes confiants,  les choses vont enfin évoluer, votre enfant va recevoir toute l’aide nécessaire, en travaillant de concert avec l’école, vous pourrez faire la différence pour votre enfant en lui permettant d’accéder à la réussite.

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Mais le temps passe, parfois plusieurs mois, et votre enfant ne bénéficie toujours pas de mesures d’appui.

Pour pouvoir défendre les droits de votre enfant, il vous faut savoir:

⇒  Quels sont vos recours?

⇒  Comment procéder?

Étapes à suivre pour effectuer le suivi du dossier de votre enfant:

  1. solliciter une rencontre avec l’enseignant(e) afin de savoir ce qui se passe

  2. si les choses n’avancent pas, prenez rendez-vous avec la direction de l’école, discutez avec elle de la situation, rapport d’évaluation en main

  3. si, après un certain laps de temps, vous constatez que les recommandations ne sont toujours pas prises en considération, il faut adresser une demande écrite à la direction de l’école, lettre à laquelle vous joignez une copie du rapport d’évaluation en précisant les différentes recommandations qui doivent être prises en considération

  4. si on ne donne toujours pas suite à votre demande, c’est le moment de vous adresser à votre commission scolaire

À ce stade, il est important de savoir que:

La Loi sur l’instruction publique prévoit que chaque commission scolaire se doit de mettre en place une procédure à suivre lorsque les parents désirent porter plainte à l’encontre d’une décision ou d’une situation pour laquelle ils sont en désaccord.

Pour connaître les détails de cette procédure, rendez-vous sur le site de votre commission scolaire.

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Et, si après avoir effectué ces dernières démarches, vous n’avez toujours pas trouvé de solution satisfaisante, vous pouvez acheminer votre requête au Protecteur de l’élève qui traitera votre plainte de façon neutre, impartiale un peu à la manière du Protecteur du citoyen.

Le Protecteur de l’élève n’est pas un employé de la commission scolaire. Il est donc indépendant. De plus, il est tenu de préserver la confidentialité de toutes les informations auxquelles il a accès dans le cadre de ses fonctions.

Et dans chaque commission scolaire, il y a un Protecteur de l’élève.

C’est une information qu’il faut diffuser, car peu de parents sont au courant de l’existence même du Protecteur de l’élève et d’y avoir recours peut faire en sorte que les droits des élèves seront respectés et les demandes des parents entendues.

N’hésitez pas à me contacter, il me fera plaisir de vous accompagner dans vos démarches.

Denise Beauchemin, orthopédagogue

Le 25 mars 2017

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TDA/H : déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité

D’abord et avant tout, il faut faire preuve d’une grande vigilance.

  • Tous les enfants rêveurs ou facilement distraits n’ont pas pour autant un déficit de l’attention.
  • Tout comme un enfant qui est vif, enjoué et actif n’est pas forcément hyperactif.

Quand faut-il consulter?

En tant que parents, vous êtes ceux qui connaissez le mieux votre enfant. Entre autres, vous pouvez déjà déterminer si, surtout dans les tâches scolaires et malgré des efforts évidents et soutenus, votre enfant ne parvient pas à maintenir son attention ou à rester assis ne serait-ce qu’un court moment. Vous pouvez aussi vérifier si cette situation affecte de manière significative son rendement et risque de mettre en péril sa réussite scolaire.

Si tel est le cas, une consultation s’avère nécessaire pour déterminer s’il s’agit ou pas d’un TDA/H.

Un bon diagnostic est essentiel pour:

  • identifier les différents symptômes inhérents au déficit d’attention et à l’hyperactivité
  • départager d’autres affectations qui pourraient être confondues avec un TDA/H comme l’immaturité, un trouble d’apprentissage, un problème d’audition centrale, la douance, un problème de comportement, des problèmes d’anxiété, etc.
  • s’assurer qu’un bilan médical complet incluant un examen de la vision et de l’audition soit fait

Le TDA/H et ses symptômes

Principaux symptômes reliés à la composante inattention

  • Difficulté à maintenir son attention même pour un court moment
  • Difficulté à se concentrer
  • Se laisse facilement distraire par tout ce qui se passe autour de lui
  • Donne l’impression de ne pas écouter quand on lui parle même lorsqu’on s’adresse à lui directement
  • S’éparpille quand il doit exécuter un travail; il a du mal à commencer et à terminer à temps
  • Difficulté à se structurer et à s’organiser
  • Oublie et perd régulièrement ses choses que ce soit à la maison ou à l’école
  • Difficulté à respecter une routine

Principaux symptômes reliés à l’hyperactivité et à l’impulsivité

  • Ne parvient pas à rester assis, bouge sans arrêt et joue avec tout ce qui se trouve à sa portée
  • S’agite continuellement, même dans les activités de jeux ou de loisirs
  • Parle beaucoup, souvent trop
  • Interrompt fréquemment une conversation, il a de la difficulté à attendre son tour
  • Répond souvent avant la fin de la question ou encore n’attend pas la fin de la consigne avant de débuter une activité
  • A du mal à ajuster ses réactions face aux autres enfants

Le déficit de l’attention apparaît de manière plus évidente dans les tâches scolaires. Par contre, il n’est pas rare que l’enfant ayant un TDA/H démontre de meilleures capacités d’attention et de concentration dans d’autres types d’activités plus concrètes comme le sport, la mécanique, les jeux vidéo, l’informatique, etc.

Voici quelques conseils pratiques pour faciliter les interventions

S’assurer de son attention

Avant de commencer à lui expliquer quoi que ce soit, il est essentiel de s’assurer d’abord de son attention. Pour cela, il faut qu’il soit près de vous et vous devez établir le contact visuel.

Vérifier sa compréhension

Les consignes doivent être courtes et précises. Lui faire répéter pour s’assurer de sa compréhension.

Freiner l’impulsivité

Un outil simple mais très efficace. Un carton qu’on garde à portée de la main, surtout durant les devoirs:

Stop

Écoute / Regarde

Pense

Go

Un pas à la fois

Il est préférable de se donner de petits objectifs réalistes et de les mener à terme. La motivation et l’estime de soi s’en trouveront renforcées.

Encouragements

Multiplier les occasions où il pourra mettre en pratique ses talents et connaître des réussites.

Reconnaissez et appuyez les efforts qu’il accomplit. Encouragez-le chaque fois.

Établir une routine

Afficher les différentes activités de la journée en semaine et durant le week-end (lever, repas, jeux, devoirs, télévision, heure du coucher) et s’y tenir.

Établir les règles à respecter à la maison 

Mettre des priorités (peu de choses à la fois et commencer par celles qui vous irritent le plus)

Indiquer les conséquences si la règle n’est pas respectée. Les écrire et les afficher à côté de l’horaire.

Organisation/planification

Votre enfant apprendra à partir de vous comme modèles. N’hésitez pas à lui communiquer vos stratégies d’organisation et de planification lorsque vous exécutez les tâches quotidienne, au travail, à la maison.

Planifier ensemble les activités du samedi ou du dimanche et suivre ce plan , une étape après l’autre.

Vivre avec un TDA/H c’est tout un défi à relever,

pour l’enfant et pour la famille.

  • Ne pas céder à la culpabilité:  un TDA/H n’a rien à voir avec l’éducation, les attitudes parentales. De la même manière, il n’est pas dû à un manque de volonté ou de motivation de la part de votre enfant. Le problème est d’origine neurologique.
  • Se rappeler que votre enfant ne le fait pas délibérément. Il agit et réagit en fonction de ce trouble.
  • Par ailleurs, vous n’avez pas à exiger de vous d’être des super parents.

 

Ce n’est pas simple mais vous pouvez y arriver!

Demander de l’aide est un réflexe à développer.

Il me fera plaisir de vous accompagner dans cette démarche.

Denise Beauchemin, orthopédagogue

Le 19 janvier 2017

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